Dry-Neal-et-Jarrod-Shusterman-couv
Adolescents / Young Adult, Adultes, Roman, SF, Shusterman Neal, Très bonne lecture

Dry – Neal et Jarrod Shusterman

Science-Fiction / Adultes / Adolescents


Dry-Neal-et-Jarrod-ShustermanRésumé :
Avez-vous déjà eu vraiment soif ?
La sécheresse s’éternise en Californie et le quotidien de chacun s’est transformé en une longue liste d’interdictions : ne pas arroser la pelouse, ne pas remplir sa piscine, limiter les douches…
Jusqu’à ce que les robinets se tarissent pour de bon. La paisible banlieue où vivent Alyssa et sa famille vire alors à la zone de guerre.
Soif et désespoir font se dresser les voisins les uns contre les autres. Le jour où ses parents ne donnent plus signe de vie et où son existence et celle de son petit frère sont menacées, Alyssa va devoir faire de terribles choix pour survivre au moins un jour de plus.

Robert Laffont, 2018
450 pages / 17,90 €


Mon avis :

« Avez vous déjà vraiment eu soif ? » Voilà le pitch de ce roman, et on se pose clairement la question après l’avoir lu ! En tout cas, on ne regarde plus son verre d’eau de la même façon, surtout en cette période de canicule.

L’histoire commence par la vie paisible d’une famille en Californie, composée d’Alyssa, de son frère, de leurs parents et de leur oncle Herb. Ils vivent une vie à peu près normale, si ce n’est que leur voisin est franchement bizarre et se prépare pour une potentielle catastrophe / la fin du monde. Le conseil du quartier lui a d’ailleurs déclaré la guerre depuis qu’il s’entête à ériger des barrières et autres protections autour de sa maison…

Mais ce voisin étrange devient vite très enviable lorsque une catastrophe finit par réellement arriver. Un jour, Alyssa ouvre le robinet, et il n’y a plus d’eau. Tout simplement. Cette eau que l’on voit couler dans nos lavabos, douches, éviers et toilettes des dizaines de fois par jour sans se poser de question. Imaginez qu’un jour elle cesse de couler… comment réagiriez vous ?

Au début du « Tap out », Alyssa et sa famille n’envisagent pas encore le pire, et tardent à réagir alors que beaucoup d’autres se ruent au supermarché faire des provisions. Bientôt, la soif engloutit tout sur son passage. Trois jours, c’est le temps qu’il faut au monde autour d’Alyssa pour devenir fou, pour oublier parfois tout semblant d’humanité au profit de la survie. Au cours de sa propre quête d’un refuge et de l’accès à l’eau, Alyssa va croiser la route de nombreux assoiffés : certains survivent au sein d’une communauté qui partage l’eau trouvée, d’autres sont devenus des zombies prêts à tout pour une goutte d’eau, d’autres possèdent le fameux breuvage en quantité et en profitent pour le vendre à prix d’or, parfois contre des choses qui n’ont pas de prix…

Pendant son voyage, Alyssa n’est pas seule : au départ en duo avec son petit frère, elle finit par constituer une petite troupe autour d’elle, au gré des rencontres et des événements qui se présentent. Chaque personnage s’exprime dans des chapitres dédiés, ce qui permet de donner la parole à chacun et d’avoir des points de vue différents sur la situation. Ce qui est intéressant, c’est de voir comment chacun réagit face aux difficultés, et surtout ce que chacun interprète comme une difficulté ! A travers l’histoire d’Alyssa et de ses camarades, on aperçoit comment, petit à petit, ce qu’on croit établit dans notre personnalité peut voler en éclat quand la situation l’exige. La survie peut faire basculer l’humain vers le meilleur ou vers le pire.

Une fois de plus, j’ai été happée par ce roman et ce que l’auteur touche à travers ses écrits : des situations qui nous paraissent pas si improbables et qui font réfléchir. Dans Dry, le style d’écriture est un peu plus jeunesse que dans les Fragmentés ou la Faucheuse, mais la pâte de l’auteur est bien là, et elle continue de me plaire ! Impossible de lâcher le roman avant d’en connaître le fin mot.

Après la dernière page, j’ai vraiment regardé mon verre d’eau différemment, et je me suis dit, comme Alyssa dans le roman, que tant que la catastrophe ne serait pas arrivée, l’homme ne changerait pas vraiment : il mettrait en place des mesures pour faire bonne figure, pour se persuader qu’il fait une bonne action pour la planète. Mais les vrais changements n’interviendront probablement que lorsqu’il sera trop tard pour revenir en arrière. C’est très défaitiste ce que je dis là, mais cette lecture m’a rappelé qu’à moins d’un changement radical, l’homme ne fait que retarder l’échéance. Cela ne signifie pas qu’il ne faille rien faire. Mais je ne crois pas qu’une masse d’individus suffisante renoncera volontairement à son confort personnel pour éviter une catastrophe future : n’étant pas directement et immédiatement en danger, je pense que pour beaucoup de gens, cette menace reste trop imprécise et impersonnelle pour engager une action forte de leur part. Mais c’est un autre débat 🙂

J’attends avec impatience le prochain roman de l’auteur, car Neal Shusterman a décidément un sacré talent pour écrire des histoires intelligentes qui se dévorent !

En bref :

Dry est un roman qui se dévore et qui fait réfléchir sur la valeur de l’eau, et de manière générale aux choses du quotidien que l’on considère comme acquises mais qui pourrait très bien disparaître du jour au lendemain… La manière dont le comportement des gens se modifie en quelques jours seulement m’a paru tout à fait réaliste, et c’est bien ce qui fait réfléchir ! Neal Shusterman est vraiment un auteur que j’adore, ses romans sont toujours intelligents sans pour autant perdre leur côté divertissant. Bref, foncez !

Très bon
8/10

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