proxima-du-centaure-claire-castillon
Adolescents / Young Adult, Castillon Claire, Contemporain, Lecture sympathique, Roman

Proxima du Centaure – Claire Castillon

Contemporain / Adolescents


proxima-du-centaure-claire-castillonRésumé :

« Je l’appelle Apothéose parce qu’il n’y a aucun prénom logique à lui mettre sur le visage. Je la klaxonnerai avec ma tête jusqu’à ce qu’elle se retourne. Un jour, elle me dira son vrai prénom, à l’oreille, elle le prononcera avec le souffle. Son souffle réveillerait un mort. En attendant, de là où je me trouve, je kiffe à fond dès que je pense à elle. »

Tous les matins, Wilco regarde Apothéose passer sous sa fenêtre. Jusqu’à ce qu’un jour, il se penche tellement qu’il tombe.

Flammarion Jeunesse, 2018
223 pages / 13 €


Mon avis :

J’ai vu passer Proxima du Centaure un peu partout chez d’autres blogueurs, sur instagram, sur les réseaux sociaux… et le thème de ce roman m’a interpellé : parler de handicap en donnant le rôle principal à un adolescent tétraplégique ? Voilà un pari étonnant pour un roman à destination des jeunes adultes, et qui aborde ce sujet de manière inattendue. Car pendant deux cent pages, le lecteur est plongé dans la tête de Wilco, cloué à son lit d’hôpital, qui livre un long monologue pourtant loin d’être ennuyeux ou déprimant.

Wilco y raconte sa chute, celle qui a brisé son corps et l’a condamné à l’immobilisme. Une chute très bête en vérité, alors qu’il guettait à sa fenêtre le passage de Nicole, une jeune fille dont il est secrètement amoureux sans la connaître vraiment, et qu’il a surnommée Apothéose parce qu’il ne connaît pas son nom. Il évoque cette chute avec humour, sans jamais s’en plaindre ou s’apitoyer, nous rappelant que la vie peut basculer en un instant, qu’elle est fragile et jamais acquise, que tout peut s’effondrer en un claquement de doigts.

Au travers de ce texte, Wilco analyse le comportement de ses proches : ses parents, sa soeur, sa grand-mère, son meilleur ami Vadim; mais aussi ses médecins, et même son voisin. Le récit alterne entre des souvenirs de sa vie d’avant sa chute, les visites de ses proches à l’hôpital et ses rêveries. Car Wilco, emprisonné dans son corps, s’évade dans sa tête, s’imaginant qu’Apothéose/Nicole l’aime comme lui l’aime et cherche à lui rendre visite; se représentant son meilleur ami en train d’organiser une fête prévue de longue date chez lui; mettant en scène sa famille et sa vie quotidienne en dehors de sa chambre d’hôpital.

Spectateur muet des échanges entre ses proches qui le veillent quotidiennement sur son lit d’hôpital, Wilco décortique le comportement de sa famille et remarque de petites choses qui lui avaient échappées avant sa chute. Il se remémore des instants en famille, les analyse à la lumière de ce nouveau savoir, et son amour et son respect pour ses proches grandit petit à petit, dans le secret de la coque qui entoure son corps brisé. Sa solitude, enfermé en lui-même, devient amour pur, et jamais il n’évoque sa situation avec apitoiement. Au contraire, le récit est plein d’humour et d’autodérision, et le comportement de ses parents est admirable au vu de la gravité de la situation de Wilco. On ne tombe donc jamais dans le pathos, même si – ne nous mentons pas – tristesse et mélancolie imprègnent la lecture, en toile de fond mais bien présentes.

Mais malgré l’intelligence du récit et de la narration, je n’ai pas été entièrement convaincue par ce roman. Je n’ai pas réussi à m’attacher à Wilco ni à me laisser emporter par son amour pour Apothéose et ce qu’il imagine d’elle. Du coup, je ne me suis pas vraiment sentie bouleversée par le récit, même si la fin m’a quand même touchée (non, je n’ai pas un coeur de pierre). C’est donc une lecture en demi-teinte, car le texte est clairement axé sur l’émotion, et cela n’a pas totalement fonctionné avec moi.

En bref :

Proxima du Centaure est un roman atypique qui donne la parole à Wilco, un adolescent devenu tétraplégique suite à une chute depuis sa fenêtre, alors qu’il regardait passer la jeune fille dont il est amoureux. Dans ce monologue de deux cent pages, Wilco trompe la solitude en analysant le comportement des membres de sa famille qui défilent autour de son lit d’hôpital, en se remémorant des souvenirs, et en imaginant la vie de ses proches quand ils ne lui rendent pas visite. Ce roman aborde le thème du handicap mais également les rapports familiaux, sans jamais tomber dans l’apitoiement : au contraire, le récit est plein d’humour et d’autodérision. Malgré tout, j’ai eu du mal à m’attacher au personnage principal et à me laisser emporter par les émotions que le texte cherche à véhiculer. Ce bémol n’entache cependant pas les qualités de ce roman intelligent, qui mérite d’être lu.
Pas mal
7/10

2 réflexions au sujet de “Proxima du Centaure – Claire Castillon”

  1. Le pitch et ce que tu en dis (même avec ta réserve pour l’émotion pas forcément au rendez vous) me font me dire que je pourrais me laisser tenter par ce roman. Si l’occasion se présente en tout cas, je ne le rejetterai pas.
    Merci

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s