Fargetton Manon, Jeunesse et Young Adult, SF

Aussi libres qu’un rêve – Manon Fargetton

Science-Fiction / Jeunesse


Aussi Libres qu'un Rêve - Manon Fargetton

Résumé :

En cette fin du XXIe siècle, l’accès à un métier est régi par la loi des Dates de naissance. Ainsi, si vous êtes né en janvier, les métiers les plus cotés vous seront proposés ; par contre, si vous êtes né en décembre, il ne vous restera que les métiers dont personne n’aura voulu.

Silnöa et Silnëi sont soeurs jumelles, mais l’une est née le 31 décembre à 23h58, et l’autre dans les premières minutes de janvier ! Cela ne les empêchera pas d’unir leurs forces pour combattre la tyrannie des Dates de naissance, en compagnie de Kléano, jeune chanteur d’un groupe de rock rebelle.

Castelmore, 2017
312 pages / 14,90 €


Mon avis :

L’idée de départ de ce roman est séduisante : et si notre vie était conditionnée par notre date de naissance ? Si « les Janvier » avaient droit aux métiers impliquant gloire et célébrité (chanteur, acteur, etc.), tandis que les personnes nées en fin d’année se voyaient contraintes d’exercer les métiers dont personne ne veut, les plus difficiles et les plus pénibles ? Et si le talent, la compétence, ou même l’envie, n’entraient pas en ligne de compte ?

Voilà un thème intéressant, surtout quand il est traité au travers de deux personnages nés à quelques heures d’intervalle, ce qui paraît dérisoire, mais qui vont pourtant être séparés par cette loi sociale, en démontrant alors l’absurdité. En effet, Silnöa et Silnëi sont jumelles : l’une est née le 31 décembre et l’autre le 1er janvier… Bien que leurs parents les aient élevées de la même manière, elles ne fréquentent pas les mêmes écoles ni les mêmes quartiers, et les attentes de la société ne sont pas du tout les mêmes pour l’une et pour l’autre.

Et pourtant… La première rêve d’un autre métier, dédié à d’autres enfants nés plus tard dans l’année. Et inversement pour la seconde sœur, qui se sent enfermée par ce système qui décide de sa vie à sa place. Chacune à leur manière, elles vont lutter contre ce système et provoquer des changements qu’elles étaient loin d’avoir anticipé…

Dit comme ça, le scénario paraît extra. Et sur le papier, il l’est. Et pourtant, le traitement du sujet est trop superficiel à mes yeux. Quel dommage ! Au fur et à mesure de l’avancée dans cette lecture, un schéma de dystopie classique apparaît, et l’intrigue paraît alors un peu moins originale : le suspens n’est plus au rendez-vous, les procédés narratifs et les rebondissements seblent perdre de leur originalité.

Alors à l’époque ou ça a été écrit, avant la vague de romans dystopiques young adult, ça m’aurait sûrement paru meilleur, surtout que Manon Fargetton était encore très jeune au moment de l’écriture de ce roman, qui est son premier. Mais pour l’heure, le traitement très simple du thème m’a déçu : le titre est bien plus jeunesse que ce que je pensais. J’ai eu le sentiment que l’idée de départ était complètement sous-exploitée, presque un prétexte pour développer une histoire plus classique de rébellion, sur un fond de problématiques familiales et d’amours adolescents.

J’ai aussi été un peu déçue par la quasi absence de traitement de la relation entre les deux sœurs jumelles. Leur histoire est développée en parallèle, pour finir par se rejoindre de manière naturelle. Mais leurs rapports sont très apaisés, leurs différences ne sont pas source de grandes tensions, et les parents sont inexistants dans l’histoire (comme dans beaucoup de romans jeunesse et young adult, c’est vrai). J’ai trouvé cela dommage, et parfois peu crédible aussi. Étant donné l’âge des jeunes filles, un rien aurait pu compliquer leurs relations ou faire exploser leur colère contre le système vers l’autre sœur, rappel incessant, sous leur propre toit, de l’injustice qu’elles vivent au quotidien et qu’elles finissent par ne plus supporter.

Il y a donc un excellent potentiel dans ce roman : des idées que l’auteur n’a malheureusement pas assez développées.

En bref :

Aussi libres qu’un rêve est un roman avant-gardiste : bien avant la vague de dystopie young adult que nous avons connue depuis quelques années, Manon Fargetton proposait une dystopie jeunesse dans laquelle notre date de naissance détermine le métier que l’on peut exercer, les quartiers que l’on peut fréquenter, et donc les principaux aspects de la vie. Si l’idée de départ m’a beaucoup plu, je l’ai trouvée sous-exploitée. Les thèmes sont abordés de manière trop superficielle et finissent par être noyés sous une intrigue déjà vue beaucoup trop souvent dans ce type de roman : une rébellion, des secrets de famille, des histoires d’amour entre adolescents… L’orientation très jeunesse de l’intrigue m’a également surprise, car je pensais que le public visé était davantage adolescent. Du coup, l’intrigue m’a également parue un peu trop simple. Dommage, car Ausi libres qu’un rêve montre bien le potentiel de Manon Fargetton, qui d’ailleurs s’est affirmé depuis ce premier roman 🙂
  6/10

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